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La première campagne de recherche des épaves de la Cordelière et du Regent perdues le 10 août 1512 lors d’une bataille navale opposant les flottes bretonne et française à l’armée navale d’Henri VIII d’Angleterre s’achève ce jour à Brest. Conduites depuis l’André Malraux, navire de recherche du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM), les investigations pilotées par les archéologues Olivia Hulot et Michel L’Hour, directeur du DRASSM, ont mobilisé des moyens techniques sans précédent, sondeur multifaisceau, sonar à balayage latéral, magnétomètre, sondeur à sédiments, systèmes de détection électromagnétique, robot, etc…

Dès cette première opération les résultats enregistrés sont très prometteurs, sinon impressionnants. Une épave, sinon deux, ont été découvertes qui pourraient avoir simultanément coulé dans le cours du Moyen-Age ou au tout début du XVIe siècle. L’analyse en cours de quelques poteries prélevées en plongée sur le site devrait permettre d’affiner cette chronologie. Si la datation proposée était confirmée, le site découvert entres la baie de Bertheaume et l’anse de Camaret entrerait d’emblée dans la très courte liste des épaves de cette période recensée dans le monde. Son étude réclamera en revanche un dispositif complexe car les vestiges archéologiques localisés sont situés à une profondeur importante et dans une zone balayée par de très forts courants de marée.

Michel L’Hour (directeur du DRASSM) Olivia Hulot co-directrice du Projet Cordelière, Philippe Alain, ingénieur chef de produit, au sein de la société IXBlue partenaire du projet et Luc Jaulin, professeur en robotique au sein de l’école d’ingénieurs ENSTA-Bretagne, face aux écrans de contrôle durant l’acquisition des données de prospection.  Copyright: Frédéric Osada / Images Explorations/ DRASSM

L’absence de pièces d’artillerie, en bronze et en fer, conduit pour l’heure à ne pas identifier la ou les épaves mises au jour comme celles de la Cordelière et du Regent. Mais les responsables du projet se réservent la possibilité de mieux explorer cette première hypothèse car les caractéristiques du site sont extrêmement proches de celles que l’on conjecturait pour les épaves recherchées.

A cet effet, les archéologues vont désormais procéder à une analyse méthodique des milliers de données électroniques recueillies au cours de l’opération afin de vérifier la nature d’une série d’anomalies détectées dans l’épaisseur du sédiment marin. Par ailleurs, le robot du DRASSM, Hilarion, a été mis dès cette première campagne à contribution pour recueillir des informations inédites sur un certain nombre des anomalies repérées. Ces reconnaissances ont révélé une série d’objets historiques et archéologiques des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Les recherches de la Cordelière et du Regent devraient se poursuivre en 2019. Le site découvert cette année pourrait faire à cette occasion l’objet d’une expertise méthodique associant à des interventions directes des archéologues en plongée et la mise en œuvre de systèmes robotiques très performants.

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