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Deuxième campagne de recherche 2019

La campagne de recherche 2019 s’inscrit pleinement dans le prolongement de la première en termes de zone de recherche, de méthodologie et de partenaires.

Programmée une nouvelle fois sur une période de trois semaines découpées en deux temps : du 3 au 14 puis du 24 au 28 juin, les objectifs à atteindre en 2019 étaient dans un premier temps de débuter la vérification de cibles prometteuses en plongées humaine ou robotisées et dans un deuxième temps de poursuivre la prospection géophysique sur la zone de haute probabilité définie à l’aube du projet.

 

 

Un travail d’équipe

L’équipe 2019 comptait entre 12 et 15 personnes embarqués sur le navire André Malraux. Autour des archéologues-plongeurs du Drassm étaient présents : des marins, des hydrographes, des spécialistes de la détection sous-marine et des systèmes robotisés, des géomorphologues, des historiens…

 

Expertise de cibles à fort potentiel

La compilation et la cartographie de l’ensemble des sources de données disponibles sur la zone de recherche permet de mieux appréhender le potentiel des fonds sous-marins à l’ouvert du goulet de Brest. Il a ainsi été procédé à l’analyse des données acquises durant la campagne de recherche 2019 mais également de celles collectées durant les campagnes menées par Ifremer à la fin des années 2000 (soutenue par l’appel à projet Neptune).

Par ailleurs, l’intégration des données issues des travaux du Shom ainsi que celles anciennement acquises par le GRAN (ré-étudiées par le SHOM) a livré un catalogue de cibles très conséquent (plus de 400 contacts) qui a permis d’identifier une série de points d’intérêts requérant une expertise approfondie. C’est au regard de la signature magnétique des anomalies détectées mais également de leur configuration, leur emprise et parfois, quand la donnée était disponible, de la présence de vestiges dans la colonne sédimentaire qu’une première sélection a été opérée.

 

Expertises en plongée humaine ou robotisée

Au-delà de l’imagerie, la vérification et l’expertise in situ est déterminante pour caractériser une anomalie. Deux approches sont possibles selon la profondeur et le temps de travail : la plongée humaine ou robotisée. La campagne a permis d’allier les deux types d’expertise.

Les expertises ainsi menées ont offerts aux archéologues l’opportunité de documenter certaines épaves déjà connues afin d’inspecter leurs abords à la recherche d’éventuels indices de la présence de vestiges plus anciens. Des contacts se sont révélés être de nature géologique (roches), d’autres contemporains : câbles, containers, obus ou bombes (déclarés aux services de l’Etat compétents), balises métalliques etc. Ces vestiges avaient été retenus car ils comportaient des signatures magnétiques ou une image sonar pouvant donner à penser à des vestiges dignes d’intérêt. D’autres néanmoins appartiennent véritablement à notre patrimoine maritime et participent de l’enrichissement de nos connaissances sur la navigation en ces lieux. Il s’agit d’ancres isolées, d’épaves métalliques plus ou moins bien conservées. Enfin, les vestiges relativement bien préservées d’une épave en bois datant probablement des XVIIe-XIXe.s ont également été mis au jour.

 

Sud Minou 1 où comment disparaissent les épaves…

Une semaine de la campagne 2019 devait être consacrée à l’expertise robotisée de l’épave Sud Minou 1 découverte l’an passé ce, afin de mieux cerner la chronologie des vestiges, remonter certains d‘entre eux et procéder à leur caractérisation. Le site datant probablement de la première moitié du XVIe. siècle, il est aussi rare qu’exceptionnel et a encore beaucoup à nous révéler. Toutefois, le déplacement d’un ensemble de dunes, d’est en ouest à une vitesse insoupçonnée a pris de cours les géomorphologues et annihilé tout espoir des archéologues de mener un projet d’envergure sur ce site en 2019. Ainsi, en 10 mois la dune qui était initialement située dans l’est de l’épave, l’a totalement ensevelie au point où strictement aucun vestige de l’épave n’est désormais visible.

Les analyses des géomorphologues d’Ifremer tentent à montrer que cette épave se trouve intégrée au cœur d’un système dunaire hautement dynamique constitué d’un ensemble de dunes qui, au gré de leur progression d’est en ouest, libèrent ou ensevelissent d’éventuels témoignages du passé prisonniers des sables par intermittence. Ceci laisse sans nul doute augurer de belles découvertes au gré de l’évolution de cette dynamique sédimentaire mais de fait en rendra complexe leur étude.

 

Partenaires

Les partenaires institutionnels impliqués dans le projet ont poursuivi leur engagement au sein du projet et se sont mobilisés aux côtés des archéologues du Drassm. L’Ensta Bretagne a poursuivi ses investigations sur les atterrages au sud-ouest et sud-est de la Pointe du Petit Minou en perfectionnant les outils robotiques et de détection électronique déployés pour le projet. La société iXBlue a, une nouvelle fois mis à disposition du matériel et du personnel pour contribuer à l’avancement du projet. Les chercheurs du Shom ont travaillé aux côtés des archéologues pour l’analyse des données acquises sur la zone de recherche.

Les historiens-chercheurs constitués en groupe de travail ont mené durant l’année 2019 des enquêtes minutieuses dans les sources anglaises et françaises et disposent désormais d’un riche corpus de sources historiques et archivistiques qui vont participer d’une relecture de l’engagement maritime de du 10 août 1512.

 

Exposition
Une exposition présentée au Musée national de la Marine de Brest de juin 2019 à août 2020 offre l’opportunité aux visiteurs de découvrir le projet de recherche et prendre connaissance des premiers résultats.

Exposition 2019-2020 au Musée national de la Marine à Brest ©Frédéric Osada_DRASSM

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